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Le Canada, 1812 et des décennies d’imbroglio politique

  • 12 févr. 2021
  • 12 min de lecture

Texte écrit par Marc-André Béland, étudiant au baccalauréat en histoire


L’histoire complète d’une nation est souvent délaissée au profit d’un roman national qui, à défaut offrir un récit complet, a au moins le mérite de résumer certains éléments fondateurs importants. Néanmoins, il ne faut pas se laisser berner par de tels raccourcis qui tendent à glorifier le passé. Au Canada, c’est la Guerre de 1812 qui est présentée de manière parfois un peu trop simpliste. Ce travail entend illustrer en quoi ce conflit n’avait peut-être pas l’envergure qu’on voudrait lui donner, mais a tout de même eu un impact non négligeable sur la fondation du Canada et sur les relations canado-américaines. Pour ce faire, il sera d’abord question de faire un rapide tour d’horizon sur la guerre de 1812, de présenter son impact sur les relations canado-américaines pour finalement étudier son influence sur l’État canadien embryonnaire.


1812 : un conflit à géométrie variable

Comme pour bien des conflits, l’économie est au cœur de la Guerre de 1812. À l’aube du 19e siècle, Napoléon 1er construit son Empire européen. Si de nombreux conflits armés s’ensuivent, le conflit commercial entre la France et la Grande-Bretagne demeure non négligeable[1]. En réponse aux restrictions commerciales imposées par Napoléon dans le but de limiter le commerce britannique, ces derniers imposent des restrictions à leur tour. La puissante marine britannique limite donc les allées et venues de bateaux appartenant à des pays neutres sur le continent européen[2].


En l’occurrence, plusieurs navires marchands américains se sont vu limiter leur entrée au continent à cause des nouvelles restrictions britanniques. Les États-Unis commercent régulièrement avec les nations européennes, ces restrictions viennent donc les pénaliser aussi[3]. Les Américains se retrouvent donc à subir les répercussions d’une guerre qui ne les concerne guère. Pour ajouter l’insulte à l’injure, ces restrictions apparaissent à peine plus d’un quart de siècle après la Guerre d’Indépendance américaine contre les Britanniques. Les Américains ont l’impression que les Britanniques refusent de reconnaitre leur légitimité en tant qu’État indépendant[4].


Il s’agit ici en quelque sorte de la raison qui pousse les Américains à qualifier la Guerre de 1812 comme étant leur « seconde guerre d’indépendance[5]». La hargne causée par ces sanctions économiques se transforma en un nationalisme profond. Les États-Unis sont donc préparés mentalement à une guerre. Malheureusement pour eux, leur préparation d’un point de vue militaire ne rivalise pas avec leur enthousiasme[6]. En effet, les troupes américaines sont peu nombreuses, mais c’est leur état-major qui leur fait le plus défaut[7]. Les généraux et les officiers sont principalement composés de vétérans vieillissants de la guerre d’indépendance et d’hommes inexpérimentés qui ont obtenu leur station à cause de leurs contacts politiques[8].


Il ne faut pas oublier non plus le rôle des Autochtones et de l’expansionnisme américain dans ce conflit. À l’aube du 19e siècle, les États-Unis rêvent de s’étendre vers l’ouest. Le problème auquel ils sont confrontés est en fait la présence d’Autochtones proches du régime britannique. Ces Premières Nations tentent de se confédérer afin d’avoir un plus grand poids politique, ce qui leur permettrait de résister aux Américains sans dépendre des Anglais[9]. D’ailleurs, les Britanniques ne sont pas contre l’idée que les Autochtones forment une nation à proprement parler. Ils pourraient alors servir d’État tampon entre les États-Unis et les provinces britanniques. Les États-Unis s’imaginent quant à eux que la résistance autochtone était encouragée par les Britanniques[10].


Pour résumer, les Américains se sentent attaqués économiquement par les Britanniques qui imposent des restrictions sur leur commerce international et ils voient leur expansion vers l’ouest ralentie par les alliances entre Britanniques et autochtones. Partout où ils tournent la tête, les Américains sentaient l’influence des Britanniques qui cherchent à nuire à leur ancienne colonie. Si ce sentiment n’était pas nécessairement fondé, c’était suffisant du côté américain pour envisager la guerre. En juin 1812, les Américains décident de passer à l’acte et déclarent formellement la guerre aux Britanniques[11].


Cependant, ce n’est qu’en janvier 1813 que la Grande-Bretagne ne déclara la guerre aux Américains en retour[12]. Ce délai de six mois nous en apprend beaucoup sur l’attitude des Britanniques. D’aucuns diraient qu’il s’agit du manque d’intérêt des Britanniques vis-à-vis ce conflit. Ces derniers étaient très occupés en Europe avec les Guerres napoléoniennes. Ensuite, on peut aussi comprendre qu’il allait s’agir d’abord et avant tout d’un conflit continental. Le Canada allait devoir se contenter des forces en présence. Puisque les renforts britanniques ne pouvaient pas arriver rapidement, les débuts du conflit allaient être cruciaux[13]. C’est pourquoi les forces au Canada n’hésitèrent pas à lancer les hostilités sans la déclaration officielle de la Couronne.


Il faut dire que les Britanniques sembent mieux préparés à faire face à un conflit que les Américains. Bien conscient du manque de soldats professionnels au Canada, le gouverneur en chef George Prevost a déjà commencé à lever différents régiments et à organiser les milices canadiennes dès 1811[14]. L’éventualité d’une guerre semblait de plus en plus réaliste et le gouverneur désire être prêt. L’armée canadienne n’était peut-être pas aussi bien approvisionnée qu’escompté, mais cela n’empêche pas les Britanniques de remporter des victoires importantes aux forts Michilimackinac et Détroit[15]. La saisie de ces deux forts relativement tôt dans la guerre plaça le Haut-Canada en contrôle britannique et limita les combats dans cette région au début de la guerre[16].


Le fait que le Haut-Canada est peuplé en grande partie par des loyalistes après la guerre d’indépendance américaine inquiète fortement les autorités britanniques[17]. En effet, ces dernières doutent de la loyauté des Hauts-Canadiens. Le risque qu’ils accueillent à bras ouverts les Américains est considérable. Seule une fraction des miliciens de la province sont considérés comme réellement loyaux à la Couronne[18]. Éloigner le conflit du Haut-Canada permet au commandement britannique de respirer un peu. Curieusement, le Bas-Canada est plus coopératif avec le Gouverneur Prevost. Ce dernier est Britannique, mais il parle français et possède un certain charisme. L’élite canadienne-française contribue donc à l’effort de guerre[19].


Si les Canadiens semblent prêts à se défendre, la Guerre de 1812 n’émoustille pas la population. Il faut se rappeler qu’une partie de la raison du conflit est due à des litiges en ce qui a trait aux droits commerciaux à l’international, donc les soldats ne se rallient pas à une cause à laquelle ils peuvent s’identifier[20]. Les communautés anglophones qui peuplent la frontière du Bas-Canada et du Vermont se sentent particulièrement indifférentes face à la guerre. Au Bas-Canada, les Cantons-de-l’Est entretiennent des relations commerciales avec leurs voisins américains.


Il s’agit d’une région qui est peuplée en partie par d’anciens loyalistes. Cependant, ils n’entretiennent pas particulièrement d’animosité envers les Américains. En fait, la frontière canado-américaine ne semble pas réellement préoccuper les habitants de cette région avant 1812[21]. Pendant la guerre, les Cantons-de-l’Est ne se positionnent pas en faveur des Américains, mais ils ne prennent pas non plus les armes à la demande des autorités britanniques[22]. Les habitants sont prêts à défendre leur région, mais prendre les armes et attaquer leurs voisins est une tout autre histoire.


Pour les habitants de la Nouvelle-Écosse, un phénomène similaire peut être observé. Cependant, les autorités néo-écossaises et celles de la Nouvelle-Angleterre prennent des mesures plus concrètes qui illustrent parfaitement le manque d’intérêt général pour le conflit de 1812. Une trêve est établie par Sir John Coape Sherbrooke, Lieutenant-Gouverneur de la Nouvelle-Écosse, et la Nouvelle-Angleterre[23]. L’idée est de maintenir le commerce entre les deux régions à tout prix. En Nouvelle-Angleterre, les gouverneurs refusent d’envoyer leurs milices attaquer les Britanniques[24]. La guerre dans cette région n’est donc pas marquée par un conflit violent.


Le conflit dépasse les limites du Haut-Canada lorsque les Américains tentent d’envahir Montréal[25]. Cet assaut est repoussé par les Canadiens. Lorsque Napoléon est vaincu en Europe en 1814, la Couronne britannique peut enfin se concentrer un peu plus sur la guerre contre les Américains[26]. Une sorte de statuquo s’est instauré au continent, l’arrivée en force de renfort britannique irait probablement faire pencher la balance en leur faveur. Cependant, la paix doit être maintenue en Europe et les Britanniques ne peuvent pas envoyer leurs forces en grand nombre en Amérique[27].

Les négociations entre les Américains et les Britanniques sont longues et les Autochtones en sont exclus. Les Premières Nations sont donc probablement les grandes perdantes de 1812. L’échec de l’invasion américaine de Montréal empêche les États-Unis de demander des conditions trop sévères. Pour les Britanniques, leur défaite à Plattsburgh leur empêche de dicter le ton des négociations[28]. Si le contrôle de la région des Grands Lacs intéresse la Couronne britannique, conquérir militairement cette région aurait un coût élevé en vies et en argent, les Anglais préfèrent donc faire la paix avant tout. C’est dans ce contexte que fût signé le traité de Ghent en décembre 1814. Les États-Unis et la Grande-Bretagne acceptent de se rendre mutuellement le territoire conquis pendant la guerre[29]. La Guerre de 1812 a donc été déclarée sans enthousiasme et s’est terminée sans éclat.


Définir la frontière canado-américaine

Tout d’abord, il est important de réitérer que ni la Grande-Bretagne ni les États-Unis n’ont gagné en territoire après la Guerre de 1812. Le retour à la situation antebellum ne règle pas vraiment la question des relations canado-américaines. Les deux nations sont donc restées sur leur faim. Il apparait que du côté canadien, le mot d’ordre est d’assurer la souveraineté de ses frontières. La construction du Fort Lennox qui commence en 1819[30] illustre bien à quel point la situation est encore tendue après la fin du conflit. En fait, un projet de base navale est envisagé autour de l’Ile-aux-Noix. Cependant, les voies maritimes perdent leur importance graduellement après la Guerre de 1812. Le projet est donc abandonné[31].


Pourtant, la définition de la frontière canado-américaine demeure un défi. En 1816, faisant suite au traité de Ghent, trois commissions composées de membres britanniques et américains sont mises en place pour régler la question[32]. Les négociations de 1816 ont pour effet de régler les problèmes les plus criants. Ils définissent les frontières autour des territoires les plus peuplés, mais les commissions n’arrivent pas à définir rapidement les frontières d’autres régions comme le lac Supérieur[33]. En réglant la question de la frontière là où les conflits sont le plus susceptibles d’éclater, les deux puissances s’achètent en quelques sortes un peu de temps.


En effet, la question des droits de pêche est laissée à des négociations ultérieures. Cette décision aurait très bien pu replonger le continent dans un conflit armé, notamment lorsque des navires de guerre britanniques se saisissent de navires de pêche américains. Heureusement pour tous, personne ne désire réellement une nouvelle guerre. Après tout, la guerre de 1812 est loin d’avoir été désirée par les populations impliquées. Une entente concernant les droits de pêche est donc établie en 1818[34].


Les négociations post-1812 sont souvent tendues et personne ne semble trouver son compte. Cependant, la perspective d’une nouvelle guerre est impopulaire au point qu’on trouve toujours place à un compromis. En effet, les nations privilégient les négociations pacifiques. 1812 a prouvée être aussi couteuse qu’inutile et personne ne pense gagner à déclencher un conflit subséquent[35]. Par contre, si les Américains ont abandonné le conflit armé, ils semblent déterminés à gagner le continent d’une tout autre façon.


En effet, les États-Unis se tournent vers l’expansion territoriale. Si le conflit de 1812 n’est pas désiré, la paix est très bien accueillie. Pour les Américains, même un retour au statuquo antebellum est perçu comme une victoire. Les Britanniques reconnaissent donc une deuxième fois que les États-Unis et ses institutions sont dignes de respect. Il s’agit donc encore une fois d’une reconnaissance tacite de l’autonomie des Américains, c’est pourquoi cette guerre est vue aux États-Unis comme leur seconde guerre d’indépendance. L’historien Wesley B. Turner rapporte que Albert Gallatin, l’un des négociateurs américains qui contribua au Traité de Ghent, a ceci à dire à propos de l’après-guerre américaine :


[…]The people have now more general objects of attachment, with which their pride and political opinions are connected. They are more Americans; they feel and act more as a nation, and I hope that the permanency of the Union is thereby better secured[36].

Ce renouveau du nationalisme américain encourage le développement des États-Unis. Après la Guerre de 1812, on constate un fort développement territorial chez les Américains. Outre de nouvelles routes et des projets de chemin de fer, de nouvelles villes commencent à apparaitre presque spontanément[37]. Face à leurs voisins du sud en pleine expansion, le Canada se doit d’établir et défendre sa frontière. La course pour le continent ne va pas finalement pas se décider à coup de fusil.


Par contre, le processus de négociations entre le Canada et les États-Unis connait plusieurs hauts et bas au courant des années 1820 et 1830. En 1842, les relations diplomatiques s’améliorent considérablement avec l’arrivée de Lord Ashburton aux États-Unis. Ce dernier négocie avec Daniel Webster, secrétaire d’État américain, pour régler la question de la frontière nord-est du continent. L’arrivée d’Ashburton au pays est très bien accueillie par les Américains. On peut constater un profond désir chez tous les acteurs d’améliorer les relations diplomatiques entre les pays. Selon les propres aveux de Webster, les négociateurs entretiennent une très bonne relation[38], ce qui leur permet sans doute de trouver un terrain d’entente.


Les deux partis signent donc en août 1842 le traité Webster-Ashburton. Ce traité parvient certainement à régler plusieurs questions en ce qui a trait à la délimitation du territoire canadien et américain. Cependant, on ne peut pas négliger la portée symbolique du traité de 1842 et des relations entre Webster et Ashburton. Après une guerre futile, des décennies de méfiance et de négociations qui tournent en rond, la Grande-Bretagne et les États-Unis font le premier pas vers des relations diplomatiques plus cordiales[39].


À son retour en Angleterre, Ashburton est critiqué pour certains aspects du traité. Si certains points demeurent litigieux, il faut comprendre que 1842 est une année charnière en ce qui a trait aux relations entre les États-Unis et les Britanniques. Par extension, on peut comprendre que ces négociations posent également les bases des relations canado-américaines. Une paix durable et une coopération sont établies. Pour l’historien Francis M. Carrol, les négociations sur la frontière canado-américaine sont la source de la tradition de diplomatie cordiale entre le Canada et les États-Unis[40].


Les débuts symboliques de l’État canadien.

En terminant, on ne peut passer à côté de l’influence de la Guerre de 1812 sur l’identité canadienne. Nous avons établi précédemment que le conflit n’inspire pas de grandes passions chez ses participants. Néanmoins, il faut considérer que du point de vue canadien, ils sont laissés à eux-mêmes par la Couronne britannique. Les Canadiens français et anglais doivent mettre en commun leurs ressources pour la première fois dans leur histoire[41]. Cette union des deux peuples n’est certainement pas définitive. Pas plus que la participation au conflit des Canadiens français ne vient mettre un terme à leur infériorité politique et économique. Cependant, force est d’admettre que cette collaboration cadre dans la perspective d’un Canada étant une nation possédant deux peuples fondateurs. L’historien René Chartrand considère également que la culture anglo-canadienne et la culture franco-canadienne sont en jeu en 1812. Pour lui, le conflit se définit par la résistance du Canada face à un début d’impérialisme américain, plutôt qu’une seconde affirmation de l’indépendance des États-Unis[42].


Le besoin d’organiser sa propre défense pendant la guerre et l’impératif d’organiser une armée indépendante de la Grande-Bretagne par après vient accorder au Canada plus de légitimité en tant que nation. Tel que précédemment mentionné, de grandes fortifications sont construites au Canada pour se défendre en cas d’invasion américaine[43]. Or, un État-nation se doit d’être capable d’assurer la souveraineté de ses frontières. La guerre de 1812 a donc instauré une certaine crainte au Canada. La menace américaine qui plane sur la colonie britannique pousse les autorités coloniales à consolider ses défenses sur son territoire. Par conséquent, il est possible d’affirmer que le Canada commence à se comporter comme un État-nation un peu plus de cinquante ans avant sa confédération.


La période entre la guerre de 1812 et la confédération en 1867 est vue par l’historien J.C.A Stagg comme une période de grande insécurité chez les Canadiens. La crainte de se faire englober par les États-Unis est toujours présente, mais la peur que la Grande-Bretagne ne les abandonne préoccupe les Canadiens aussi[44]. En fait, l’importance de se définir comme société distincte de l’Angleterre devient un impératif de survie pour la culture canadienne face à l’influence des États-Unis.


La Guerre de 1812 a donc comme effet de forcer les Canadiens à se définir en opposition aux États-Unis. La distance de la Grande-Bretagne face à sa colonie fait réaliser aux Canadiens qu’ils doivent aussi se définir comme une culture distincte. Bref, il est possible de dire que l’identité canadienne est créée par nécessité suite au conflit de 1812. D’un côté, le Canada doit assurer sa survie immédiate, de l’autre la remise en question suite au conflit ouvre la porte à une définition nouvelle de ce qu’est un Canadien. Le Canada en est encore un stade embryonnaire, mais force est de constater qu’il est en voir de gagner une plus grande autonomie vis-à-vis la Grande-Bretagne.


Conclusion.

En conclusion, s’il ne faut pas tomber dans le piège du Roman national, on ne peut pas passer à côté de la Guerre de 1812 si l’on s’intéresse à l’histoire canadienne. C’est justement l’absence d’envergure du conflit qui permit au Canada de se développer en tant que nation. Laissées largement à elles-mêmes, les forces en présence dans la colonie doivent s’organiser face aux attaques américaines. Les faits d’armes sont moins marquants que l’impact que le conflit eut sur la définition de la frontière canadienne tout comme sur les relations diplomatiques cordiales entre le Canada et les États-Unis. Après 1812, le Canada doit se comporter en État-nation et définir son identité. La somme de ces facteurs mène inévitablement à la confédération en 1867. Si ce texte avait une visée plutôt pancanadienne, il serait intéressant d’évaluer plus précisément l’impact de 1812 sur la culture canadienne-française.

[1] Wesley B. Turner. The War of 1812: The War That Both Sides Won. Toronto, Dundurn, 2000. p.15 [2] Ibid. [3] Ibid. [4] Ibid. p.21 [5] Ibid. p.22 [6] René Chartrand. Le Patrimoine militaire canadien: d’hier à aujourd’hui (Tome II : 1755-1871). Montréal, Art Global, 1995. p.98 [7] Wesley B. Turner. Op. cit.p.22 [8] Ibid. [9] Ibid. p.20 [10] André Charbonneau. Les fortifications de l’ile aux Noix : reflet de la stratégie défensive sur la frontière du Haut-Richelieu aux XVIIIe et XIXe siècles. Ottawa, Éditions du Méridien, 1994. p.125 [11] René Chartrand. Op. cit. p.97 [12] Wesley B. Turner. Op. cit.p.32 [13] Ibid. p.33 [14] Ibid. p.25 [15] J.I. Little. Loyalties in Conflict: a Canadian Borderland in War and Rebellion (1812-1840). Toronto, University of Toronto Press, 2008. p.11 [16] Ibid. [17] Wesley B. Turner. Op. cit.p.25 [18] Ibid. [19] Ibid. [20] John Boileau. Half-Hearted Enemies: Nova Scotia, New England and the War of 1812. Halifax, Formac Publishing Company Limited, 2005. p. 11 [21] J.I. Little. Op. cit. p.9 [22] Ibid. [23] John Boileau. Op. cit. p. 11 [24] Wesley B. Turner. Op. cit.p.25 [25] J.I. Little. Op. cit. p.11 [26] Ibid. [27] Wesley B. Turner. Op. cit.p.116 [28] Ibid. p. 118 [29] Ibid. [30] André Charbonneau. Op. cit. p.193 [31] Ibid. p. 208 [32] Wesley B. Turner. Op. cit. p.122 [33] Francis M. Carrol. A Good and Wise Measure: The Search for the Canadian-American Boundary, 1783-1842. Toronto, University of Toronto Press, 2001. XXIV-462 p.265 [34] Ibid. [35] Wesley B. Turner. Op. cit. p.124 [36] Ibid. p.125 [37] Ibid p. 124 [38] Francis M. Carrol. Op. cit. p. 265 [39] Ibid. p. 285 [40] Ibid. p. 306 [41] René Chartrand. Op. cit. p. 118 [42] Ibid. [43] Ibid. p 138 [44] STAGG, J.C.A. The War of 1812: Conflict for a Continent. Cambridge, Cambridge University Press, 2012. p. 169

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